La villa Marguerite est implantée dans un petit village préservé en bord de mer, la maison autrefois la propriété du directeur de l’usine de Serrurerie a été abandonnée par la famille depuis de longues années.
Édifiée en brique au début du siècle dernier sur une parcelle en longueur sous forme de deux bâtiments en L, elle n’avait aucun élément sanitaire et était restée dans son jus. Son grand intérêt en quelque sorte était un état de conservation de beaucoup d’éléments d’origine : les ferronneries en grande partie conservées, les menuiseries intérieures et extérieures, les planchers, l’escalier en orme et même la majorité des torchis intacts sous les nombreuses couches de papier peints ; et une grande couche de poussière !
Pour cette rénovation, après un diagnostic complet nous avons choisi de reprendre ce qui avait été bien fait et de résoudre les erreurs commises, ainsi nous avons dû désosser des enduits ciment pour retrouver les briques de construction, l’ensemble des réseaux électriques, réseaux sanitaires ainsi que les tuyaux de chauffage ont été passés dans une ossature secondaire en bois. Ce support posé côté intérieur sur 12.5cm a reçu un isolant composé de terre mélangé à de la chènevotte ( paille de chanvre ).
Ce traitement a été appliqué sur l’ensemble des murs intérieurs ce qui confère à la construction un confort ( thermique, hygrométrique, acoustique ), en effet il a une faculté à emmagasiner de la chaleur mais aussi l’humidité pour la restituer plus tard en saison sèche. Le complexe terre chanvre agit ainsi comme une climatisation réversible.
C’est sur cette ossature qu’un lattis bois ( châtaigner ) a servi de support au rendu final, un enduit composé principalement d’argile et de paille de lin.
Ce procédé bio sourcé et local a permis l’utilisation de nombreuses terres pour enrichir la palette des coloris dans une harmonie naturelle.
Le programme a consisté à re-créer une maison familiale : au rez-de-chaussée les pièces de vie communes, aux 2 étages les chambres. L’objectif étant de pouvoir y tenir des réunions de famille, le gîte principal pour contenir confortablement 15 personnes, un petit gîte permet de recevoir quatre personnes supplémentaires et peut-être indépendant. Pour répondre à ces besoins il a été nécessaire de fermer définitivement l’accès depuis la rue, d’ouvrir une large baie sur le jardin terrasse.
Pour matérialiser le nouvel accès principal situé sur l’arrière, à l’angle des bâtiments face à l’escalier central, et aussi pour souligner l’intervention d’ouverture créée, nous avons choisi de réaliser à l’extérieur une seconde peau en bardage bois, la technique utilisée est le le “Shou sugi ban”*. Cette entrée est également couverte par une marquise en profils d’acier peint, recouverte de verres armés et scellés au mastic à l’ancienne, à l’image des grands hôtels.
*Le Shou Sugi Ban – également appelée Yakisugi – en Occident est une technique de protection du bois originaire du Japon. Elle s’obtient en brûlant profondément la surface d’une planche de bois. Le matériau ainsi obtenu est réputé plus résistant au feu, aux insectes et aux champignons.